lundi 16 novembre 2015

Ces bourgeons noirs donneront des fleurs.
Cette promesse est certaine.
Le jour succède à la nuit,
même au pôle nord.


Pourtant la nuit peut être envahissante.
Elle sait si facilement se glisser
sous les portes,
envahir l'espace
si clair d'une fenêtre.

Céder à nuit ? Pourquoi ?
Avec elle tout se recroqueville.
Je ne veux pas que mon cœur
devienne une pomme ratatinée.

Cris. Hurlements. Déchirure.

Mais d'où viens-tu, où es-tu
toi qui te repousses
un peu plus loin dans la nuit ?

L'aube est un désir.
l'enfant qui naît est une aube
qui veut se poursuivre.
Dans son regard,
toutes les armes
sont englouties.

Je n'ai plus d'armes.
On protège un enfant
comme on protège
une bougie au vent.

Les chenilles des chars
ne donnent pas de papillons.
Les bombardiers, ces gros bourdons
creusent à coup de bombes
la tombe de l'humanité.

Tant pis, je demeure un benêt,
un insomniaque
qui rêve d'aurore.
Les marchands d'armes, eux,
ronflent dans leurs oreillers de billets.

Je n'appuie que sur mon cri
et cela fait mal.
C'est si facile, si monstrueux
d'appuyer sur un bouton
ou une gâchette.

Ces bourgeons noirs
ne payent pas de mine.
Ils ne passeront pas à la télévision,
Ils ne parleront pas pendant des heures
avec des airs d'expert.

Mais ils tiendront leurs promesses.

Je comprends mieux la vieille ardennaise
qui répétait sans cesse :
"Ben ! le paradis, c'est la bonne idée !"
Parfois cela ne paye pas de mine
une bonne idée.
Un bout de ficelle, quatre baguettes,
du papier crépon...et voilà un cerf-volant.

C'est mieux que la haine
qui cherche à couper des ailes.

La nuit s'assombrit. Elle n'est plus bleue.
Elle devient noire. Elle sue de l'encre
avec un goût de cendre.

Reste plus qu'à prendre feu
pour qu'elle recule,
à devenir contagieux
de cette fièvre de l'aube.

Que chacun apporte sa brindille.
Je jette ce poème aux flammes.

Et toi, que donneras-tu ?
Cela devient urgent.




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